Défis Facebook : une totale banalisation du danger

Internet est un outil merveilleux... Oui, mais il ne faut pas pour autant ne poser aucune limite à vos enfants, qui se connectent de plus en tôt aux réseaux sociaux. Facebook, qui certes peut servir à échanger avec ses proches, partager des informations, rester en contact ; entraîne également (et bien souvent) un grand nombre de mauvais côtés : cyberbullying, divulgation d'informations personnelles, défis dangereux, etc.



Une nouvelle mode qui fait des ravages

Depuis quelques mois, le phénomène des « défis » sévit sur Facebook. Au départ, il s'agissait de « neknomination ». Le principe était simple : un jeune est nominé par un ami qui lui demande de boire un verre d'alcool d'un trait en se filmant, il s'exécute, poste la vidéo sur son profil et nomine à son tour trois de ses amis. Peu à peu, ce défi qui encourageait les plus jeunes à boire a laissé place à un défi tout aussi dangereux : « A l'eau ou au resto ». Là, le principe est le même que pour la neknomination, mais au lieu de boire de l'alcool, le jeune doit se jeter à l'eau (de préférence dans une situation cocasse). S'il ne s'exécute pas, il devra payer un restaurant à celui l'ayant nominé.



Bon enfant, penseront certains ? Mais après des centaines de vidéos postées, où les jeunes tentent d'aller toujours plus loin, le défi est devenu mortel : un homme s'est grièvement blessé dans le Pas-de-Calais en sautant la tête la première dans une trop faible quantité d'eau, une femme fait un arrêt cardiaque dans le Maine-et-Loire en se baignant dans un étang à l'eau glaciale, et un adolescent est mort noyé dans la Vilaine après y avoir sauté attaché à son vélo.


Les jeunes ont-ils conscience du danger ?

L'adolescence est un moment de la vie durant lequel on cherche à dépasser ses limites, à savoir « jusqu'où on peut aller ». Selon Angélique Kosinski-Cimelière, psychologue, les jeunes n'ont pas conscience du danger. Il ne s'agit pour eux que d'un jeu, d'un moyen de rigoler, de se donner en spectacle, de faire comme ses amis pour ne pas rester en retrait : « il y a une totale banalisation du danger ».


Aucun responsable : c'est aux parents d'agir

Sabrina LEROUX, administratrice de la page Facebook « Les fous du défis », a déclaré sur RTL ne ressentir aucune culpabilité face ces accidents. Bien que cela soit très regrettable selon elle, elle ajoute : « à partir du moment où l'on saute d'un pont avec un vélo attaché à sa cheville, […] je ne peux me sentir responsable ». Igor SOUCHU, substitut du procureur dans l'affaire du jeune noyé, avoue qu'il n'a « trouvé aucune qualification juridique adaptée à cette situation, puisque ceux qui ont lancé le défi n'incitaient pas au suicide ».


Les jeunes inconscients du danger, la justice impuissante... C'est donc aux parents d'agir, de responsabiliser leurs enfants, de leur faire comprendre qu'ils sont plus intelligents que ça. La Police Nationale tente également de prendre le relais des parents et de sensibiliser les jeunes sur les réseaux sociaux, en tweetant : « [Défis Facebook] #nominations C'est le moment de faire le tri dans vos "amis" #AlEauOuUnResto ».


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