Exposer son enfant sur Internet : les risques à connaître

Adolescente en fugue

Partager une vidéo de votre enfant de 2 ans en train de danser sur Facebook, publier une photo de votre aîné de 9 ans à la plage via Instagram... Si vous vous reconnaissez, c'est que vous êtes peut-être adepte de ce que les anglo-saxons appellent le "sharenting" (contraction des termes "share", "partager", et "parenting", "être parent"), qui consiste à partager une photo de son enfant sur Internet et les réseaux sociaux. La pratique est aujourd'hui répandue : publier une photo en un clic n'a jamais été aussi simple, et n'importe quel parent fier de sa progéniture veut partager ses moments de vie avec son entourage. L'étude de Nominet en Grande-Bretagne* révèle qu'un parent publie en moyenne 195 photos par an de son enfant sur Facebook. Pourtant, exposer ses enfants sur Internet n'est pas sans risque.

Quelle empreinte numérique ?

Le premier point sensible concerne la vie privée de l'enfant. Par manque d'information ou par négligence, les parents ne sont pas toujours attentifs au paramétrage de leur profil sur les réseaux sociaux : selon l'étude de Nominet, 46% ont vérifié leurs paramètres de confidentialité Facebook une ou deux fois, et 17% ne les ont jamais regardés. N'importe qui peut donc voir les photos et vidéos d'enfants, et savoir où il se trouve si la géolocalisation est activée.

Autre sujet d'inquiétude, l'utilisation des photos par des tiers. 39% des parents interrogés pensent être les seuls à en détenir les droits ; un tour vers les CGU de Facebook démontre pourtant que le réseau social peut utiliser toutes les images que vous postez à des fins commerciales, sans vous avertir au préalable.

Enfin, le "sharenting" pose la question des traces que nous laissons sur notre enfant en ligne. Documenter la vie de son enfant, c'est construire son identité numérique et en être responsable. Une photo le montrant dans une situation cocasse peut lui poser problème plus tard ; rien n'empêchera un employeur ou quelqu'un de malintentionné de tomber dessus. Anticiper ces situations et discuter avec l'enfant des photos que l'on souhaite publier est donc primordial ; or sur 12% de parents qui consultent leur enfant, un tiers décide de partager une image même sans son accord.

L'envie de partager ses humeurs vous tente malgré tout ? Voici quelques conseils pour diminuer les risques :

  • Vérifiez les paramètres de confidentialité de votre compte (Facebook , Instagram, etc.) et restreignez la visibilité de vos messages à votre entourage proche
  • Demandez à vos amis de vous avertir avant la publication d'une photo de votre enfant sur leur profil
  • Désactivez la géolocalisation sur vos profils sociaux
  • Réfléchissez avant de publier : cette image n'est-elle pas trop gênante pour lui ? Pourrait-il en avoir honte dans 5 ans, 10 ans ?
  • Privilégiez le mail si vous voulez partager des documents personnels avec des parents et des amis éloignés.

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